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Freysinger la cible de la diaspora arménienne

mercredi 5 mars 2014, par Redacteur

On vous en parlez encore il y a quelques jours, Mr Freysinger le conseiller d’état valaisan lors d’un interview accordé au journal Aydinlik. Ça n’a pas tardé du côté de la diaspora arménienne, le président d’honneur de l’Association Suisse-Arménie a qualifié les propos du d’« irresponsables ».

Dans cette interview publiée en anglais le 15 janvier dans le journal « Aydinlik », Oskar Freysinger déclare à propos du massacre : « Peut-être a-t-il eu lieu, peut-être pas. Cela doit pouvoir être débattu de manière ouverte ».

Plus loin, le conseiller d’Etat en charge de l’éducation se déclare opposé à ce que le génocide arménien soit enseigné à l’école, ce d’autant plus que les historiens ne sont pas d’accord entre eux, dit-il.

Oskar Freysinger était interrogé dans le cadre d’un jugement de la Cour européenne des droits de l’homme concernant le nationaliste turc Dogu Perinçek. Ce dernier nie le génocide arménien.

Dans l’interview au journal turc, Oskar Freysinger salue la décision de la Cour de Strasbourg. « Aydinlik » n’est pas n’importe quel journal, selon Sarkis Shahinian, président d’honneur de l’Association Suisse-Arménie. Il s’agit de la feuille du parti des travailleurs de Turquie, dont Dogu Perinçek est le président.

Position suisse rabaissée

Avec de tels propos, Oskar Freysinger met en jeu son intégrité personnelle, poursuit-il. « Sur cette question, il se comporte de manière totalement irresponsable et rabaisse la dignité de la politique de la Suisse », ajoute Sarkis Shahinian.

En outre, le conseiller national valaisan se place en contradiction avec lui-même : en 2003, il a voté avec six autres parlementaires UDC un postulat sur la reconnaissance du génocide arménien. Il s’était pour l’occasion très bien informé et avait même échangé personnellement avec Sarkis Shahinian.

Ce retournement de position ne peut pas être pris au sérieux, estime l’Association Suisse-Arménie qui n’envisage pas de déposer plainte. « Pour (Oskar) Freysinger, il s’agit d’attirer l’attention », un coup d’éclat auquel l’association ne veut pas participer, selon Sarkis Shahinian.

Liberté d’expression

En 2007, le Turc a été condamné en Suisse pour discrimination raciale, une décision contre laquelle Dogu Perinçek a fait recours à Strasbourg. La Cour lui a finalement donné raison fin décembre, estimant que la Suisse avait violé le droit à la liberté d’expression.

La Suisse a jusqu’au 17 mars pour faire valoir son droit de recours. Mercredi, aucune décision en ce sens n’avait encore été prise, a indiqué l’Office fédéral de la justice.

avec ats